Nicolas Feuz

Neuchâtel

Bons plans et recommandations de visites

… et encore quelques suggestions


Je citerais encore le vignoble au bord du lac de Neuchâtel, entre Cortaillod et Bevaix, qui rappelle un peu les coteaux du Lavaux dans le canton de Vaud (évoqué dans La Septième vigne). Le col de la Vue-des-Alpes aussi (Jemsen y passe, mais ne s’y arrête pas dans Les Extradées ; pareil pour Mike Donner dans Emorata, pour quelques grammes de chair). Il faut dire qu’après 18 polars, dont au moins 15 ont un lien avec le canton de Neuchâtel, il devient difficile de citer un lieu touristique du canton que je n’ai pas déjà exploité dans un de mes livres.

Biographie

Nicolas Feuz est né en 1971. Parallèlement à ses fonctions de procureur du canton de Neuchâtel il est l’auteur de plusieurs romans policiers et de romans jeunesse.Il a reçu pour son livre Heresix le Prix de l’Évêché 2022, décerné par la police judiciaire de Marseille.

Bibliographie sélective 

Série Norbert Jemsen

  1. Le Miroir des âmes, Éditions Slatkine & Compagnie (2018)
  2. L’Ombre du renard, Éditions Slatkine & Compagnie (2019)
  3. L’Engrenage du mal, Éditions Slatkine & Compagnie (2020)
  4. Brume rouge, Éditions Slatkine & Compagnie (2022)
  5. Les Larmes du lagon, Éditions Slatkine & Compagnie (2022)
  6. Les Extradées, Éditions Rosie & Wolfe (2024)
  7. Ultimatum, co-écrit avec Marc Voltenauer, Istya & Compagnie (2025)

Interview

Nicolas Feuz - Neuchâtel

Quelle est l’importance des lieux dans tes livres ?

Les lieux sont très importants dans mes livres. J’accorde beaucoup d’attention aux aspects géographiques et historiques de chaque endroit, qu’ils soient en Suisse ou ailleurs. Placer les intrigues dans des lieux existants me tient particulièrement à cœur.

Tes livres se déroulent dans la région de Neuchâtel. Pourquoi as-tu choisi cette ville-région ?

Parce que c’est ma région, celle dans laquelle je suis né, j’ai grandi, j’ai fait mes études et je travaille encore aujourd’hui comme procureur. Il est plus facile de décrire des lieux que l’on connaît bien, plutôt que de s’aventurer dans des contrées plus lointaines. Je voyage aussi dans mes polars, ailleurs en Suisse romande ou à l’étranger, mais cela demande un plus grand travail de repérages et de documentation.

Je pense que n’importe quel lieu sur terre peut s’avérer propice pour y placer une intrigue policière. Mais j’aime ce canton dans lequel j’ai grandi.

Pourrais-tu nous dire quelques mots sur cet attachement particulier à ce lieu ? En quoi est-il un décor idéal pour un roman policier ?

Je pense que n’importe quel lieu sur terre peut s’avérer propice pour y placer une intrigue policière. Mais j’aime ce canton dans lequel j’ai grandi. C’est un petit canton, pas particulièrement connu pour ses aspects touristiques. Si mes polars peuvent contribuer à le faire connaître, ailleurs en Suisse, en Francophonie ou dans le monde entier, c’est tout bénéfice. Je citerai l’exemple de Camilla Läckberg, qui a mis en avant dans ses polars la petite ville suédoise de Fjällbacka, qu’à priori pas grand monde n’avait de raison de connaître avant de lire ses livres.

Comment es-tu venu à l’écriture de romans policiers ?

Des scénarios d’intrigues policières me trottaient dans la tête depuis mon adolescence et c’est finalement mon travail de juge d’instruction, débuté en 1999 et impliquant une collaboration de tous les jours avec la police judicaire, la gendarmerie, la police scientifique, la médecine légale, l’univers carcéral, les experts psychiatres, les avocats et j’en passe, qui m’a fourni les connaissances nécessaires pour me permettre de franchir le cap. Un événement particulier s’est produit en octobre 2010, quand je suis parti en vacances au Kenya en n’emportant qu’un seul livre, Le Vol des cigognes de Jean-Christophe Grangé. J’ai fini ce polar dans l’avion lors du vol aller et me suis retrouvé en vacances sans lecture. Du coup, pour occuper les temps morts, je me suis mis à élaborer le scénario d’un roman policier, que j’ai écrit à mon retour. Il est devenu mon premier livre : Ilmoran, l’avènement du guerrier.

Comment as-tu imaginé Norbert Jemsen personnage principal ?

En passant de l’autoédition à l’édition traditionnelle en 2018, j’ai franchi les frontières de la Suisse pour étendre mon lectorat à l’ensemble de la Francophonie. Mon éditeur parisien m’a alors dit que, comme les Français et les Belges en particulier ne pourraient pas lire mes premiers livres faute d’y avoir accès, il était nécessaire de créer un nouvel univers, avec de nouveaux personnages. Il m’a demandé d’être imaginatif et d’éviter l’idée d’un simple duo de flics, beaucoup trop courant dans l’univers du polar. J’ai alors choisi la figure du procureur, puisque j’étais moi-même procureur à ce moment-là (et le suis toujours aujourd’hui). Le binôme logique d’un procureur (en Suisse, en tout cas) est un greffier ou une greffière. Ainsi sont nés les personnages du procureur Norbert Jemsen et de sa greffière Flavie Keller.

Je voulais un procureur particulier, un procureur de terrain, agissant à l’instinct, plus pragmatique que prisonnier des carcans de la loi.

Comment décrirais-tu la personnalité de Jemsen ? 

Je voulais un procureur particulier, un procureur de terrain, agissant à l’instinct, plus pragmatique que prisonnier des carcans de la loi. Ainsi, j’ai imaginé, au début du tome 1, Le Miroir des âmes, que Jemsen se réveille à l’hôpital après avoir été victime d’un attentat. En gros et pour ne pas spoiler, je dirais que Jemsen souffre d’une forme d’amnésie, il n’a plus de véritables connaissances juridiques, ni du droit pénal de fond ni de la procédure. Il va donc agir humainement, franchir parfois les limites de la loi, et sa greffière Flavie est en quelque sorte son garde-fou, celle qui le ramène sur le droit chemin quand il prend trop de libertés. Jemsen est un personnage assez secret et solitaire, marqué par des interventions humanitaires dans les Balkans, en particulier au Kosovo, lors de la guerre d’ex-Yougoslavie.

 

Château de Neuchâtel

Dans la série avec le procureur Norbert Jemsen et la greffière Flavie Keller, à Neuchâtel, plusieurs lieux sont mis en scène, à l’image du château où un secrétaire général est démasqué puis tué dans la salle du Grand Conseil dans Le Miroir des âmes.

Extrait : « La détonation se répercuta dans le vaste espace de la salle du Grand Conseil. Les vitres tremblèrent. La balle atteignit Autier à la base du front, lui dessinant un troisième œil. Il mourut en direct devant de nombreux spectateurs, qui suivaient les débats du Grand Conseil grâce à un système de caméras qui les retransmettaient sur Internet. »

Adresse : Rue du Château 1, 2000 Neuchâtel

La Collégiale

À quelques pas du château, l’imposante Collégiale est un lieu incontournable de Neuchâtel avec une belle vue sur la ville.

Adresse : Rue de la Collégiale 3, 2000 Neuchâtel

Place des Halles

Un attentat à la bombe a lieu à la place des Halles dans Le Miroir des âmes.

Extrait : « La place des Halles était dévastée. Tout le centre de Neuchâtel avait bougé, l’impact de la déflagration avait été énorme. Portée par le lac, on l’entendit jusqu’à Estavayer. Sur la place des Halles, la terrasse du bar Le Charlot n’était qu’une cicatrice noire. »

Adresse : Pl. des Halles 2/6, 2000 Neuchâtel

Place Pury

La place Pury est un lieu de passage important que les différents protagonistes parcourent dans plusieurs romans. Dans Le Miroir des âmes, l’ambulance qui évacue Jemsen après l’attentat de la place des Halles passe par la place Pury. Dans Brume rouge, une manifestation pour le climat y dégénère.

Adresse : Place Pury, 2000 Neuchâtel

La Trinquette

La Trinquette est un lieu qu’apprécie le procureur Jemsen, notamment dans Brume rouge.

Extrait : « Au port de Bevaix, le restaurant La Trinquette avait ouvert ses portes pour les premiers beaux jours d’avril. Le procureur Jemsen était attablé avec sa greffière Flavie devant une assiette de filets de perche, dans la fraîcheur de la véranda, avec une vue imprenable sur le lac de Neuchâtel, le Plateau suisse et les Alpes fribourgeoises. »

Adresse : Chem. du Moulin 3C, 2022 Bevaix

Le Landeron

Dans L’Ombre du renard, pendant la fête médiévale, un toxicomane s’immole dans le bourg médiéval.

Extrait : « La tour-porte de l’horloge dominait l’entrée nord du vieux bourg du Landeron, crevée de meurtrières, chargée de canonnières. totalement paniqué, Radovan Krtic se précipita sous l’arche de pierres et déboula sur la place centrale. elle était bondée. (…) Le toxicomane s’aspergea copieusement de liquide inflammable, en commençant par la tête, puis le haut du corps. »

Adresse : 2525 Le Landeron

Tour de Chaumont

Dans Le Miroir des âmes, la tour de Chaumont est la scène de crime initiale.

Extrait : « Sur la droite, la tour de Chaumont. Son phare lançait dans la nuit un puissant faisceau jaune, qui peinait à percer le rideau de pluie. (…) Elle avait été construite en 1912 et offrait d’ordinaire une vue à couper le souffle sur la région des trois lacs. Mais ce soir-là, il n’y avait qu’un corps nu, attaché par les pieds, tête en bas, pendu à une corde nouée à la barrière sud du balcon. Ses bras pendaient dans le vide. Le cadavre tournoyait sur lui-même, bercé par le vent. »

Adresse : Chem. de la Tour 26, 2067 Neuchâtel

Moulins souterrains du Col-des-Roches

Dans L’Engrenage du mal, quatre hommes se réveillent dans les moulins souterrains : aucun d’eux ne sait pourquoi il est là, mais le temps presse, l’eau monte, menaçante. Ils ont une heure, pas une minute de plus, pour découvrir les liens qui les unissent.

Extrait : « — Vous êtes ici dans un endroit unique en Europe. un moulin à eau, un moulin souterrain. Au-dessous du sol coule un torrent. Personne là-haut ne s’en doute. L’eau tombe de plusieurs mètres sur ces roues bruissantes, qui tournent et menacent d’accrocher vos vêtements et de vous faire tourner avec elles. Les marches sur lesquelles vous vous trouvez sont usées et humides. Des murs de pierre, l’eau ruisselle et tout près s’ouvre l’abîme. »

Adresse : Le Col 23, 2400 Le Locle

Tourbière des Ponts-de-Martel

Dans Le Miroir des âmes, c’est près d’ici que vit le Vénitien.

Extrait: « L’homme que les autorités avaient surnommé Le Vénitien avait retiré son masque de loup et sa robe noire de cérémonie. Revêtu d’une salopette de travail maculée de terre, il était redevenu celui que les habitants des Ponts-de-Martel connaissaient. Un citadin amoureux de la campagne, qui préparait activement sa retraite en retapant une vieille ferme neuchâteloise. La bâtisse délabrée était en bordure des tourbières. »

Adresse : Rue du Bugnon, 2316 Les Ponts-de-Martel

Creux-du-Van

C’est ici qu’est scellé le destin d’une famille dans Brume rouge.

Extrait : « Ils mirent une bonne vingtaine de minutes à atteindre le bord de l’abîme. La lune était presque pleine, elle éclairait les falaisesdu cirque. Deux kilomètres de diamètre. Et la brume au fond, comme si l’ancien glacier continuait de sculpter les parois de calcaire. Un immense amphithéâtre vide, Le Creux-du-Van. Un muret de pierres sèches, fraîchement reconstruit, séparait les pâturages du bord de la falaise. Willy l’enjamba… »

Adresse : Le Soliat, 2108 Couvet

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