Andrea Fazioli

Bellinzone

Bons plans et recommandations de visites

… et encore quelques suggestions

Les châteaux de Bellinzone me font rêver depuis mon enfance. À Bellinzone, j’aime aussi beaucoup l’église de San Biagio et le parc de la Villa dei Cedri, juste à côté. En descendant, il y a le quartier populaire de Semine (l’endroit où j’habite). Je connais aussi bien la vallée de la Léventine et ses montagnes, que je parcours souvent à pied ou à vélo, au départ du village de Rossura.

Biographie

Andrea Fazioli, né en 1978, a étudié les langues romanes à Milan et Zürich et a travaillé comme journaliste à la radio et à la télévision. Il a reçu plusieurs prix pour ses romans policiers sur le détective privé tessinois Elia Contini.

Bibliographie sélective

Série Elia Contini 

  1. Chi muore si rivede (2005) – Vengeance d’orfèvre, Éditions Plaisir de Lire (2014)
  2. L’uomo senza casa (2008) – pas encore traduit en français
  3. Come rapinare una banca svizzera (2009) – pas encore traduit en français
  4. La sparizione (2010) – pas encore traduit en français
  5. Il giudice e la rondine (2014) – pas encore traduit en français
  6. L’arte del fallimento (2016) – pas encore traduit en français
  7. Gli svizzeri muoiono felici (2018) – pas encore traduit en français
  8. Le strade oscure (2022) – pas encore traduit en français

Interview

Qu’est-ce qui t’a donné l’élan pour écrire un roman policier ? Quel a été le déclencheur ?

Pour moi, raconter des histoires a toujours été un moteur, une impulsion précoce. Très jeune déjà, j’éprouvais un vrai plaisir à inventer des récits et à observer leur effet sur les autres. Je me souviens qu’à l’école primaire, le trajet entre la maison et l’école était long. Avec un groupe d’amis, on avait instauré un rituel : chaque jour, l’un de nous racontait une histoire. Et on s’arrangeait toujours pour la laisser en suspens – avec un bon « cliffhanger », comme on dit. Ce jeu de narration m’a captivé. Je me souviens qu’on arrivait chez soi avec l’histoire encore en suspens… et qu’on avait hâte de retourner à l’école, rien que pour connaître la suite. Mes parents s’étonnaient : « Tu as vraiment envie d’aller à l’école ? » Ce n’était pas l’école qui m’attirait, mais le voyage… vers la suite de l’histoire. C’est pour cela que je parle souvent de mon enfance : parce que tout est né là, d’une certaine manière. Quelques années plus tard, j’ai lu un roman d’aventure, le soir, au lit. Mes parents m’ont demandé d’éteindre la lumière… mais le livre était trop prenant. Je l’ai lu sous la couverture, à la lampe, jusqu’à ce qu’ils me surprennent et me le confisquent. Je me souviens d’une scène en particulier : un train filait à travers la jungle, des tigres tentaient de monter à bord pour attaquer les passagers. Tac ! Ils mouraient. Je ne me souviens plus de la fin du roman – peut-être l’ai-je lue le lendemain –, mais cette scène-là est restée gravée. Elle m’a frappé par sa force évocatrice, par la manière dont une simple page pouvait devenir réelle. Dans mes souvenirs d’enfant, je suis moi-même dans ce train, les tigres approchent… Alors, quand j’ai commencé à écrire, je me suis dit : je veux recréer ce genre de moments. Des scènes qui s’ancrent dans l’imaginaire, une tension qui retient vraiment le lecteur. Et puis, il y a le mystère, le goût de l’enquête. J’ai toujours été fasciné par le mal: pourquoi existe-t-il ? Peut-on jamais le comprendre vraiment ? Et aussi par la notion de justice. Les thèmes du roman policier sont, au fond, les mêmes que chez Eschyle ou Shakespeare – mais le polar les traite à sa manière, et cette manière-là me parle profondément.

Quelle est l’importance des lieux dans tes livres ?

Chaque histoire vient d’un lieu. En effet, c’est le lieu qui génère l’histoire. En tant que lecteur, j’apprécie la capacité de transmettre une atmosphère plus que les points de l’intrigue. Un roman reste dans ma mémoire car l’auteur a su évoquer un monde : les petits détails, les saveurs, les odeurs, les paroles des personnages et leur regard sur la réalité, tout m’emmène dans une autre dimension. Justement, cette dimension différente m’aide à mieux me comprendre, mes pensées et mon quotidien. En tant qu’écrivain, j’essaie de raconter une histoire qui suscite avant tout cette vibration, cette capacité à se reconnaître dans un ailleurs ou – comme le disait l’auteur italien Giuseppe Pontiggia – à « révéler un inconnu qui ne nous est pas étranger ».

La raison plus profonde réside dans le fait que le Tessin est un territoire qui se prête très bien à un certain type de récit à la limite de l’ambiguïté.

Et donc, quand tu as commencé à imaginer ton premier roman policier, était-ce clair pour toi qu’il se déroulerait au Tessin ? Qu’il se passerait dans des lieux réels ?

Oui, j’avais envie de situer une histoire au Tessin, parce qu’il n’existait pratiquement pas de romans policiers ancrés dans cette région. Il y a aussi deux autres raisons, une plus superficielle et une plus profonde. La superficielle est simple : quand j’ai écrit mon premier roman, j’étais très jeune et j’ai tout de suite compris qu’il fallait évoluer en terrain connu, pour que les personnages soient le plus authentiques possible. C’est précisément pour cette raison que mon premier roman se déroule en partie au Tessin et en partie à Zürich, où je vivais à l’époque pour étudier à l’université. La raison plus profonde réside dans le fait que le Tessin est un territoire qui se prête très bien à un certain type de récit à la limite de l’ambiguïté. Au centre de l’Europe, suspendu entre sud et nord, le Tessin a toujours été une terre d’échanges, de passages, parcourue par les voyageurs au fil des siècles. C’est une zone frontalière, où se mélangent diverses cultures. De plus, le territoire préalpin permet de passer en quelques kilomètres seulement des bois et des montagnes enneigées aux lacs et aux palmiers, dans une coexistence de climats et de paysages différents. Pour moi, le Tessin, c’est un territoire d’une richesse exceptionnelle : situé au cœur de l’Europe, traversé depuis des siècles par des flux de personnes et d’idées, proche d’une frontière — ce qui est finalement rare en Europe — et porteur d’une langue, l’italien, dans un pays qui n’est pas l’Italie. C’est un petit territoire, certes, mais d’une singularité absolue. Un carrefour de cultures, de langues, de paysages, de récits. Un décor qui stimule l’imaginaire, même quand on n’en est pas originaire, à condition de bien le connaître. Par la suite, j’ai aussi situé mes intrigues dans des endroits que je connaissais moins, mais pour lesquels je me suis soigneusement documenté. Je voulais montrer la richesse de cette position centrale, à la fois géographique, culturelle et symbolique. Dans mon premier roman, une scène se passe à Zürich — j’y ai étudié —, lors de la Street Parade. Dans mes romans suivants, on retrouve parfois Zürich, parfois Milan… Mais le cœur reste le Tessin, cette zone de transition, de passage, qui me fascine. Ce que j’ai toujours trouvé intéressant, c’est que le Tessin, malgré sa petite taille, n’est pas perçu comme un tout homogène. Par exemple, nous habitons à Bellinzona, et aller à Lugano — pourtant tout proche — donne parfois l’impression de changer de monde. J’ai remarqué que mes lecteurs — dès la première traduction —, qu’ils soient anglophones, russes ou d’ailleurs, imaginent toujours que le Tessin est grand. Un personnage part de Bellinzona pour aller à Locarno en voiture… et les lecteurs supposent qu’il passera la nuit sur place ! Alors que non, c’est tout petit. Ça m’a fait sourire… et réfléchir. En écrivant sur le Tessin, j’ai aussi appris à mieux le connaître. Un autre aspect typique, c’est sa médiatisation. Comme nous sommes une minorité linguistique en Suisse, nous avons notre propre radio-télévision publique : la RSI. La RTS couvre plusieurs cantons en Suisse romande, mais en italien, il n’y a que le Tessin. Nous avons aussi plusieurs quotidiens, trois radios publiques, trois privées, une télévision privée… Pour une région de 300 000 habitants, c’est beaucoup. En Italie, une région de taille équivalente n’aurait pas cette densité de couverture. Cela crée un effet miroir : nous nous regardons beaucoup nous-mêmes, parfois de manière très valorisante, parfois plus critique.

Pourrais-tu nous dire quelques mots sur cet attachement particulier à cette région ? En quoi est-il un décor idéal pour un roman policier ?

C’est l’endroit où je suis né et où j’ai grandi. D’un côté, j’éprouve le besoin de mieux le comprendre,  de l’autre, le besoin de le transfigurer dans une dimension fantastique. Le niveau de fantaisie et celui de vraisemblance se mélangent, m’aidant à approfondir mon lien avec la terre où je vis. Mais je ne veux pas que ce lien s’asphyxie. Dans presque tous mes romans, il y a des scènes ou des chapitres entiers qui se déroulent en dehors du Tessin. Certaines histoires se déroulent entièrement ou principalement dans d’autres lieux. Je ne pourrais pas écrire avec le seul point de vue du territoire suisse. Pourtant, la Suisse est un cadre idéal pour un roman policier. En particulier, la Suisse italienne se prête bien à ce type d’histoire car, comme je l’ai déjà dit, c’est un lieu où se mélangent les langues, les cultures, les histoires… et même les secrets.

Quand tu commences à imaginer une nouvelle histoire, comment choisis-tu les lieux dans lesquels elle se déroulera ?

Alors, si on parle des histoires avec Elia Contini, mon personnage récurrent : lui, il vit à la montagne, dans le seul lieu imaginaire de mes romans, un village appelé Corvesco, qui n’existe pas, mais qui représente le village de montagne typique. J’ai voulu créer ce lieu imaginaire pour que les lecteurs puissent projeter leur propre village de montagne, à partir de leurs souvenirs. J’avais des modèles qui m’ont inspiré, bien sûr, mais cela reste un décor alpin. Ensuite, il y a le lac – le lac de Lugano – et Paradiso, qui est un vrai lieu. À Paradiso, il y a une diversité de paysages étonnante. Il y a donc cet axe montagne-lac. Je choisis les lieux selon l’atmosphère de l’histoire que je veux raconter. Par exemple, j’ai situé une histoire à Bellinzone pendant le carnaval, parce que Bellinzone se transforme complètement à cette période. Le reste de l’année, c’est une ville plutôt calme, mais au carnaval, elle devient effervescente, des milliers de personnes l’envahissent. J’ai aussi écrit un roman situé à Lugano, dans un quartier bien précis : Molino Nuovo. C’est un quartier où se mélangent cultures et populations, un lieu un peu marginalisé. Il y a l’université, le cimetière, des jeunes en difficulté, des tensions sociales… Un bon laboratoire humain.

Et tu te rends sur ces lieux pour t’inspirer ?

Oui, toujours. Pour la Greina, j’y suis allé. Il y a une scène qui se déroule en hiver, sous la neige. Je suis donc monté quand il y avait encore de la neige, pour observer les ondulations blanches, pour me mettre dans l’ambiance. À Bellinzone, certains lieux me sont très familiers, je n’ai pas besoin d’y retourner. Mais je ne connais pas tout le Tessin, tous les petits villages. Je vais sur place surtout pour l’atmosphère. Il peut arriver qu’un tout petit village n’ait aucune atmosphère. Il y a une grande diversité de paysages au Tessin, en quelques kilomètres à peine : des vallées très isolées, des villes ouvertes sur l’extérieur, des échanges culturels… Chaque endroit a ses dialectes, ses façons de voir. Même lorsque j’ai situé des scènes en  Italie, en Suisse alémanique ou romande, j’ai toujours cherché à connaître un minimum les lieux.

Cette figure de l’ermite me plaît toujours : un homme en retrait, mais qui porte un regard plus lucide sur le monde que ceux qui en font pleinement partie.

Elia Contini. Comment l’as-tu inventé ?

Je l’ai imaginé à 22 ans, et j’ai publié le premier roman en 2005, peu après. Je voulais créer un détective privé, parce que l’idée d’un personnage en marge de la police, non officiel, me plaisait. J’avais alors une vision un peu romantique de ce métier. Ce premier roman est pour moi un hymne à la jeunesse. J’espère que mes livres suivants sont meilleurs, mais celui-ci garde une fraîcheur, une passion, une fougue typique de mes débuts. Le personnage de Contini était assez typique du détective, mais je jouais avec les codes, avec une certaine ironie. Je me moquais un peu de l’archétype du flic désabusé, solitaire, blessé par la vie… C’était classique, mais j’avais déjà envie de l’ancrer dans un univers : la montagne, un cœur tourné vers le lac, un ami ermite vivant dans la forêt.  Cette figure de l’ermite me plaît toujours : un homme en retrait, mais qui porte un regard plus lucide sur le monde que ceux qui en font pleinement partie. Par la suite, j’ai rencontré de vrais détectives travaillant dans des agences italiennes, et j’ai découvert à quel point leur métier était varié : certains géraient des affaires en Lombardie, d’autres des enquêtes plus anodines… Mais moi, je voulais un détective au parcours atypique : un ancien policier qui a échoué, devenu journaliste, puis détective par réinvention. Quelqu’un de proche des gens, qui marche, écoute les rumeurs, observe, photographie. Un homme attaché à la nature, mais contraint à la débrouille. Il vit dans la maison de son père, ne part jamais en vacances, ne change pas de voiture… Il mène une vie modeste, presque figée, mais pour lui, c’est une forme de liberté. Ses enquêtes sont souvent simples : retrouver un objet perdu, un animal disparu, élucider un petit mystère. Mais il espère toujours quelque chose de plus vaste, de plus intense. C’est une dynamique classique dans le polar : une personne ordinaire confrontée à l’extraordinaire. Avec le temps, Contini est devenu plus réaliste. Mes premières intrigues n’étaient pas toujours crédibles. Aujourd’hui, même si l’imaginaire reste présent, je tends vers une forme de justesse – avec parfois un regard légèrement décalé sur le quotidien, fait de petites absurdités.

Quand tu as écrit le premier roman, avais-tu déjà en tête de faire une série ?

Non, pas du tout. J’étais étudiant à l’université, et pour moi, c’était déjà un miracle si quelqu’un acceptait de publier ce livre. C’était difficile de publier, à l’époque. J’avais bien l’idée d’un détective récurrent, mais je n’aurais jamais imaginé que, plus de vingt ans plus tard, je serais encore là avec le même personnage.

Après le deuxième ou le troisième roman, as-tu commencé à planifier l’évolution de ton personnage, ou bien cela s’est-il fait spontanément, livre après livre ?

Non, je n’ai jamais planifié à long terme. Le deuxième roman a été publié chez un éditeur plus important en Italie, mais moi, je suis toujours resté plutôt pessimiste. Et j’ai toujours essayé de faire quelque chose de différent à chaque fois, pour ne pas me répéter. Dans le deuxième livre, par exemple, l’enquête renvoie à l’enfance du personnage et au village où il a grandi, qui a été inondé pour la construction d’un barrage. Il s’agit d’un retour aux origines, à quelque chose d’enseveli dans sa propre histoire. Ensuite, il y a eu un roman dans le milieu bancaire suisse, où Contini, en aidant un ami, se retrouve mêlé à une affaire interne. Ce n’est pas une enquête traditionnelle, mais plutôt une réflexion sur le fait que certains crimes économiques sont tolérés et même glorifiés, car perpétrés par des personnes « respectables », sans violence. Je voulais montrer que les criminels peuvent aussi être des bibliothécaires, des employés ordinaires, qui braquent une banque pour le plaisir. Évidemment, à la fin, ils tombent sur un professionnel du crime, et les choses basculent. Contini n’est pas un voleur, mais il se retrouve dans cette affaire pour des raisons humaines, disons. Je voulais un détective, capable de se retrouver dans des univers inattendus. Dans les romans suivants, il y a toujours eu quelque chose de nouveau. Un regard sur les règles de la société, sur les zones d’ombre, sur le fait d’être un apprenti, sur l’apparition d’animaux fantastiques… J’ai toujours essayé d’introduire un élément étrange dans mes romans. Je n’ai encore jamais écrit un polar totalement « traditionnel ». Il y a toujours quelque chose de décalé, un angle nouveau, une expérimentation. Et puis, j’apprécie les séries, bien sûr. Mais j’ai une grande admiration pour Simenon, le maître des variations sur un même thème. Si je n’ai rien de nouveau à dire, il m’est difficile d’écrire un roman avec le même personnage. J’ai besoin d’explorer.

Paradiso

Andrea Fazioli : « Elia Contini a une sorte de bureau à Paradisio (c’est plutôt une pièce que le propriétaire de la maison lui donne gratuitement par amitié). De là, Contini contemple le lac Ceresio et la courbe du mont Brè. Il fréquente un petit restaurant à proximité : « Da Piero », un lieu à l’ancienne – avec nappes à carreaux et carafes de vin local. »

Adresse : 6900 Paradiso

Bellinzone

La ville de Bellinzone apparaît notamment au temps du carnaval dans le roman L’uomo senza casa.

Adresse : 6500 Bellinzona

Prada

Andrea Fazioli : « Dans La sparizione, je parle du village abandonné de Prada, au-dessus de Bellinzone. »

Adresse : Prada, 6500 Bellinzone

Malvaglia

Andrea Fazioli : « L‘uomo senza casa, raconte l’histoire d’un village de montagne englouti sous les eaux lors de la construction d’un barrage. C’est précisément dans ce village qu’a grandi Elia Contini, qui tente désormais de gagner sa vie comme détective privé dans le microterritoire de la Suisse italienne. Il ne pense plus depuis longtemps à la maison de son enfance, ensevelie sous des tonnes d’eau, jusqu’au jour où un meurtre vient troubler la vie plus ou moins tranquille du village de Malvaglia. Et d’une certaine manière, ce crime est lié au grand barrage, au lac artificiel qui dort paisiblement au milieu des bois. »

Adresse : 6713 Malvaglia

Giornico

Andrea Fazioli : « Je recommande de faire un voyage à Giornico, où se passe Il giudice e la rondine. Giornico est un village à l’atmosphère particulière, situé juste avant les grandes montagnes, riche de beautés naturelles et architecturales. »

Adresse : 6745 Giornico

Greina

Andrea Fazioli : « Il faut aller visiter le plateau de Greina, au sommet de la vallée de Blenio. C’est un lieu unique en Europe, par son histoire et sa géologie. Je l’ai raconté dans le roman Gli Svizzeri muoiono felici. »

Extrait : « Le brouillard cachait les montagnes, tandis qu’une pluie fine, insidieuse, accroissait la force des torrents. Deux hommes avançaient en silence, frappant le sol détrempé de leurs pas. Ils remontèrent le canyon, s’arrêtèrent pour chercher le sentier. […] Il est des lieux où la pureté et la majesté de la nature effacent le monde. […] En marchant, on abandonne tout regret, toute discorde, toute tristesse. »

Adresse : Greina, 7149 Lumnezia

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