Laurent Eltschinger

Fribourg

Bons plans et recommandations de visites

… et encore quelques suggestions

Explorez à pied l’île d’Ogoz sur le lac de la Gruyère (une presqu’île au printemps). Puis gravissez La Berra, un sommet des Préalpes fribourgeoises, et terminez par une visite de la cité de Gruyères.

Biographie

Laurent Eltschinger est né au début des années septante et a grandi à Posat dans le canton de Fribourg. Employé de commerce de formation, il se reconvertit en tant que documentaliste. C’est en 2021 que paraît le premier roman de sa série avec l’inspecteur  l’inspecteur Jean-Bernard Brun, son héros récurrent.

Bibliographie sélective

Série JiBé Brun

  1. Le Combat des Vierges, Éditions Montsalvens (2021)
  2. Sur le plancher des vaches, Éditions Montsalvens (2021)
  3. Mets de l’eau dans ton vin !, Éditions Montsalvens (2022)
  4. Meurtre compte triple, Éditions Montsalvens (2023)
  5. Prélèvement sans gain, Éditions Montsalvens (2024)
  6. Âme sans cible, Éditions Montsalvens (2025)

Interview

Laurent Eltschinger - Fribourg

Comment es-tu venu à l’écriture ?

C’est un concours de circonstance. J’ai un papa qui a été malade et durant les 3 dernières années de sa vie, je l’ai véhiculé une à deux fois par semaine à l’hôpital à Fribourg. Pendant le trajet qui durait une quinzaine de minutes, il n’a cessé de m’encourager à tenter l’expérience de l’écriture. Je n’ai jamais voulu faire de parcours académique. Je ne voulais pas faire d’études, je voulais directement travailler. C’est mon père qui s’est rendu compte que peut-être il me manquait quelque chose dans la vie. Il me voyait dans le journalisme. Et puis, mon père est décédé. Dans le canton de Fribourg, nous avons l’habitude de célébrer une messe de souvenir trente jours après le décès. Nous avons fait cette messe dans mon petit village natal là où mes parents habitaient. Il se trouve que la chapelle est une étape officielle de la route de Compostelle. Pendant la communion, j’ai levé les yeux vers un vitrail et j’ai vu Saint Pierre Canisius. Je me suis demandé ce que cet homme avait à voir avec mon village. Le lendemain matin, j’allume mon ordinateur et la première publication que je vois dans mon fil d’actualité sur les réseaux sociaux, c’est un concours littéraire Prix Vanil Noir Polar des Terroirs. Il fallait écrire un roman policier qui se déroule dans un endroit reconnaissable de Suisse romande. Je dis ça à ma compagne qui me dit « Tu ne vois pas le signe évident que ton papa t’envoie ? » Et, je me suis mis au clavier.

Est-ce qu’il y a des auteurs qui t’ont inspiré ?

Entre dix et treize ans, j’ai lu les livres que lisait mon père. J’ai baigné dans les romans de Frédéric Dard et Gérard de Villiers. Vers quatorze ans j’ai découvert les livres dont vous êtes le héros, une série qui était très ludique, ça se lisait avec des dés. On pouvait prendre le même livre mais on se racontait d’autres histoires, parce que ça dépendait justement du score des dès et de son avancement au fil des chapitres. Dans la lignée, j’ai poursuivi avec le polar et j’ai découvert Ellery Queen, derrière ce pseudonyme se cache non seulement le héros du roman policier mais également deux auteurs (deux cousins) qui avaient une construction d’intrigue qui me plaisait parce qu’arrivés aux trois quarts du polar il y avait une pause, il y avait un chapitre qui disait « voilà cher lecteur, tu devrais avoir maintenant tout en main pour savoir qui est le meurtrier et quel est son mobile. Et si tu ne l’as pas trouvé, soit tu poursuis les pages et on te l’apprend, soit tu retournes quelques pages en arrière. » Et moi, je me disais mais qu’est-ce que j’ai manqué comme indice, qu’est-ce qu’il y a que je n’ai pas vu pour trouver le fin mot de l’histoire, et, je reprenais le livre depuis le début. Ensuite, ce qui m’a fait vraiment aimer le polar régional, c’est un livre que j’ai découvert au tout début des années 2000, La Morte du lac de Perrolle de Colette Gaillard. C’était une intrigue avec un juge d’instruction et ce personnage passait en ville de Fribourg là où moi je passais tous les jours, il allait boire son café au Tea Room du Colibri, là où moi je prenais ma pause de midi et j’ai découvert ce livre qui se déroulait dans ma ville. Et je me suis dit si un jour j’écris, ça sera comme cette madame Gaillard. Ce livre m’a mis la puce à l’oreille quant à la voie à prendre.

Comment est né Jibé, ton inspecteur fétiche ?

C’est un mélange de moi et de ce que j’aurais voulu être. C’est une version fantasmée de moi-même. Je ne savais pas quel trait donner à mon personnage. Je savais que je ne voulais pas d’un super flic qui sait tout. Je ne voulais pas d’un paumé qui a des problèmes d’alcool. Je voulais quelqu’un de normal. Puis je me suis dit, après tout, je crois que je suis quand même assez normal quelque part. Alors je lui ai donné tous mes défauts mais je lui ai donné beaucoup plus de qualités que moi je n’en ai. Donc c’est une version fantasmée de moi-même vraiment. J’aimerais bien lui ressembler. Il est très humain, humaniste. Il a la cinquantaine. Il a un vécu. Il a un certain « je m’en-foutisme ». Il exècre les procédures administratives. Lui, il marche au bon sens. Il est très souvent ami avec ses suspects ou il les considère comme des copains quelque part donc ça enlève la barrière de la hiérarchie entre le suspect et les flics. Il a peu de préjugés, beaucoup d’empathie, il ne se fie pas à tout ce qu’on lui dit. Je ne sais pas si ça existe ça dans la réalité comme policier mais j’espère que oui.

Comment est née ta série avec Jibé ?

Le délai de participation au concours était court, environ 4 mois. Je pense que les recherches, notamment en matière de procédure policière ou judiciaire, m’ont pris plus de temps que l’écriture a proprement parler. J’ai renvoyé ce manuscrit et puis on est entré en confinement. Donc, l’industrie du livre était au point mort et les résultats du concours ont été reportés. De mon côté, dix jours après l’envoi de ce premier manuscrit, j’ai décidé de poursuivre. L’exercice m’avait énormément plu : inventer un scénario qui n’a jamais existé, donner des personnalités à mes personnages, etc. Je me suis dit « Maintenant que je connais un peu la procédure, je vais prendre le temps d’écrire un deuxième roman ». Et le deuxième fini, on est rentré dans un nouveau semi-confinement. Puis j’ai dit bon, tant qu’à faire, je continue avec un troisième. Et j’ai recontacté l’organisateur du concours pour lui dire que j’avais une série avec le même inspecteur de police. Il m’a dit de lui envoyer le tout et puis dix jours après, il m’a rappelé pour me dire qu’il fallait qu’on se voie.  Et là, il me dit qu’il veut me publier parce qu’il avait été touché par mes histoires. Finalement, j’ai fini troisième du concours mais mes trois premiers romans sont parus et depuis je continue.

Quelle est l’importance des lieux dans tes livres ?

Une importance capitale ! Le processus d’écriture chez moi démarre dès le moment où je suis marqué par un endroit. C’est le lieu qui déclenche l’histoire. Bien avant d’imaginer une intrigue comprenant un meurtrier, un mobile et un modus operandi, c’est le lieu. J’ai besoin d’être marqué par un endroit, de ressentir diverses émotions pour, ensuite, pouvoir les retranscrire au mieux.

J’apprécie son terroir issu de sa riche histoire. J’y retrouve tous les ingrédients pour construire des scénarios : pouvoir, richesse, esprit de clocher, une certaine forme d’omerta, des secrets de famille, un bon sens helvétique, le tout dans des paysages qui n’ont rien à envier à d’autres contrées.

La ville de Fribourg est au coeur de tous mes polars. Et plus largement, le canton de Fribourg offre une palette de contrastes très intéressants à traiter : le clivage ville-campagne, un modernisme certain tout en étant attaché aux traditions, un dynamisme économique face à l’apparente lenteur campagnarde. J’apprécie son terroir issu de sa riche histoire. J’y retrouve tous les ingrédients pour construire des scénarios : pouvoir, richesse, esprit de clocher, une certaine forme d’omerta, des secrets de famille, un bon sens helvétique, le tout dans des paysages qui n’ont rien à envier à d’autres contrées.

Vieille-ville de Fribourg

Laurent Eltschinger : « Une des plus grandes (et plus belles) cités médiévales d’Europe ! Son quartier historique, situé dans un méandre de la Sarine, regorge de somptueux bâtiments en molasse : la cathédrale Saint-Nicolas, la basilique Notre-Dame, la chancellerie d’État et de nombreux musées et fontaines. Un quartier de pouvoirs, avec notamment le siège du Parlement cantonal, du Tribunal cantonal, de la Préfecture, de la magistrature, à quelques pas de l’Évêché. Ce secteur est particulièrement mis en lumière dans  Sur le plancher des vaches. »

Adresse : 1700 Fribourg

Boulangerie-Confiserie du Tilleul

Laurent Eltschinger : « Le tea-room où JiBé Brun mange les meilleures tartelettes au vin cuit du monde. »

Adresse : Rue du Pont-Muré 2, 1700 Fribourg

©MVOBA 2025

Police de Sûreté de Fribourg 

« Jibé » est inspecteur à la Sûreté de la police cantonale de Fribourg. Son bureau se trouve sur la place Notre-Dame, qui jouxte la cathédrale Saint-Nicolas, dans le quartier historique du Bourg de la ville de Fribourg.
 

Adresse : Pl. de Notre Dame 2, 1700 Fribourg

Cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg

Le quartier du Bourg et la cathédrale Saint-Nicolas apparaissent notamment dans le roman Sur le plancher des vaches.

Adresse : Rue du Pont-Suspendu, 1700 Fribourg

Pont de Sainte-Apolline

Laurent Eltschinger : « L’intrigue du roman Le combat des Vierges se déroule sur un tronçon de la Via Jacobi entre la ville de Fribourg et le village de Posat, avec un passage au pont de Sainte-Apolline à Villars-sur-Glâne. Bâtie au XVsiècle, cette arche de 18m en tuf enjambe la Glâne. »

Adresse : Imp. de Froideville, 1752 Villars-sur-Glâne

Restaurant La Croix d’Or

Laurent Eltschinger : « Dans Le Combat des Vierges, Posat, un hameau d’une centaine d’âmes est au coeur du roman. Jibé se rend au restaurant La Croix d’or et y savoure le fameux poulet au panier. »

Extrait : « Il passe aussitôt commande d’un poulet au panier. Pour lui, un blanc de volaille est forcément sec et fade. À réception de sa becquetance, il constate au contraire que la viande est tendre et juteuse, la peau incroyable- ment croustillante. La fourchette lui sert uniquement à démembrer la cuisse et l’aile de la carcasse. Et effective- ment, les doigts sont bien plus pratiques pour s’occuper du reste. Au diable les bonnes manières à la Nadine de Rothschild! Il se délecte du coquelet, bien maigrichon d’apparence mais qui, pourtant, suffit largement à le rassasier. »

Adresse : Chem. de la Glâne 6, 1726 Posat

©MVOBA 2025

Chapelle Notre-Dame de Posat

Laurent Eltschinger : « La chapelle Notre-Dame de la Visitation de Posat est le témoignage laissé par les Jésuites au XVIIe siècle, édifice classé comme bien culturel suisse d’importance nationale. En plus d’être une étape officielle du chemin de Compostelle, il est l’épicentre du roman Le Combat des Vierges. Je devais bien ça à mon village natal… »

Adresse : 1726 Posat

Barrage de Rossens

Au pied du barrage de Rossens est découvert un corps sans vie dans Le Combat des Vierges.

Extrait : « Il a belle allure, du haut de ses 83 mètres! Ayant façonné de manière irrémédiable la topographie de la région, le barrage de Rossens trône à l’embouchure des gorges de la Sarine, majestueux, fier, immuable. »

Laurent Eltschinger : « Une structure impressionnante qui a donné naissance au lac de la Gruyère. Rossens, mon village de résidence ! »

Adresse : Rte du Barrage 220, 1728 Rossens

©MVOBA 2025
©MVOBA 2025

Île d’Ogoz

Dans Le Combat des Vierges, l’île d’Ogoz devient une scène de crime.

Extrait : « Le niveau du lac est dramatiquement bas. Sa décrue devrait encore se poursuivre pour accueillir le surplus de la fonte des glaciers. Une petite embarcation motorisée bataille dans les bourrasques. Elle atteint péniblement la rive, grâce aux efforts constants de son pilote pour maintenir le cap. »

Adresse : 1645 Le Bry

Bulle

Laurent Eltschinger : « Dans Meurtre compte triple, Jibé s’attarde dans le chef-lieu du district de la Gruyère et s’aventure dans ses endroits emblématiques : le château (siège de la Préfecture de district), la place du marché, la Grand-Rue avec ses nombreux restaurants, le centre d’exposition et de congrès Espace Gruyère. »

Adresse : 1630 Bulle

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