Bons plans et recommandations de visites
… et encore quelques suggestions
J’aime marcher à travers le canton en marche nordique ou en marche simple. La pandémie m’a permis de parcourir des dizaines de kilomètres. J’aime aussi monter au Salève, cette montagne française voisine, qu’on dit « genevoise » tant elle plaît aux habitants de notre canton. En ville, je ne me lasse jamais de visiter le Musée d’Art et d’histoire, le Museum d’Histoire naturelle et surtout la Maison Tavel qui fait si bien revivre la Genève du passé.
Biographie
Née à Genève en 1959, Corinne Jaquet a suivi des études en Sciences Politiques. Responsable pendant plusieurs années de la rubrique judiciaire du défunt journal La Suisse, elle y rédige ses premières chroniques d’histoire criminelle. En 1997, elle débute une série de romans policiers se déroulant des différents quartiers de Genève. Elle a écrit de nombreux romans et romans jeunesse et participé à plusieurs recueils de nouvelles.
Bibliographie sélective
Série Norbert Simon et Alix Beauchamps
- Le Pendu de la Treille, Éditions Luce Wilquin (1997)
- Café-Crime à Champel, Éditions Luce Wilquin (1998)
- Fric en vrac à Carouge, Éditions Luce Wilquin (2000)
- Casting aux Grottes, Éditions Luce Wilquin (2000)
- Les Eaux-Vives en trompe-l’œil, Éditions Luce Wilquin (2002)
- Les Degrés-de-poules, Éditions Luce Wilquin (2003)
- Bain fatal aux Pâquis, Éditions Luce Wilquin (2005)
- Les Larmes de Saint-Gervais, Éditions Luce Wilquin (2006)
- Maudit foot, Éditions Slatkine (2008)
Interview
Comment es-tu venue à l’écriture ?
Petite, j’étais d’une curiosité maladive. Je dévorais les histoires d’enquête : Le Club des Cinq, Le Club des Sept, Fantômette… tout ce qui me menait loin du réel. Et puis, chez moi, il y avait une grande bibliothèque, remplie de Simenon. Vers dix ans, j’ai commencé à lire Maigret en cachette, je remettais les livres exactement à leur place. Très tôt, j’ai su que je voulais vivre de l’écriture. Une institutrice m’a dit un jour : « Tu pourrais être journaliste. » Et là, ça a fait tilt. Ce serait ma façon de vivre de ma plume. À l’époque, je ne savais pas encore que je voulais devenir romancière. Mais je savais une chose : je voulais du papier, des stylos. Alors j’ai suivi cette voie. Un parcours classique : maturité latin, université en science politique puis j’ai été engagée au journal La Suisse. Et là, j’ai découvert le judiciaire.
Un parcours classique : maturité latin, université en science politique puis j’ai été engagée au journal La Suisse. Et là, j’ai découvert le judiciaire.
J’ai passé dix ans dans le palais de justice de Genève. J’ai quitté La Suisse à un moment pour travailler en freelance Puis la vie m’a fait un cadeau inespéré : mon fils. Et c’est là que le polar est revenu. La différence : j’avais vécu dix ans dans le crime. J’avais couvert les faits divers, les audiences. Et un jour de 1996, je me suis lancée et j’ai écrit mon premier manuscrit, Le Pendu de la Treille. Et l’histoire a commencé.
Comment est né ce premier roman ?
Chez moi, ce sont toujours les lieux qui viennent en premier. Mes personnages, en fait, viennent habiter une histoire dont le vrai personnage principal, c’est Genève. Je suis une historienne ratée. J’aurais dû faire des études d’histoire, parce que c’est vraiment ce qui me passionne. Et plus précisément, l’histoire de Genève. J’ai eu la chance d’avoir un père un peu original, un drôle de personnage, qui m’a promenée dans la ville, qui m’a appris à en observer les traces du passé. Il me disait toujours : « Lève les yeux dans les rues, regarde les façades, les détails. » Grâce à lui, j’ai développé un regard, un bagage. Historique, bien sûr, mais aussi judiciaire et social, parce que quand on fait du judiciaire, on touche forcément au social. C’est de tout ça qu’est née mon envie d’écrire.
Et pour mon tout premier roman, le coup de cœur, ça a été la Treille. Ce lieu m’a toujours fascinée, notamment à cause du marronnier. Quand j’étais petite, ce marronnier, c’était quelque chose. Et puis un jour, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu cette idée : « Et si on retrouvait un type pendu au marronnier de la Treille ? Et si c’était un homme politique ? » Et voilà, tout s’est mis en place dans ma tête. À l’époque où j’ai commencé, personne n’écrivait de polars sur Genève. Il n’y en avait pas vraiment en Suisse non plus. Mais surtout pas sur Genève. C’est Léo Malet et ses Nouveaux Mystères de Paris qui m’a donné l’idée de découper ma ville et écrire un roman à partir de chaque quartier. Non pas prendre une histoire et la plaquer sur un lieu, mais partir du lieu pour faire naître l’histoire. Et ça, ça a été une révélation.
Et pour mon tout premier roman, le coup de cœur, ça a été la Treille. Ce lieu m’a toujours fascinée, notamment à cause du marronnier.
Comment choisis-tu les lieux ?
Je pars du principe qu’il faut connaître les lieux. Il faut s’y sentir à l’aise. Alors moi, soit je vais voir le lieu, soit je le connais déjà parce que, dans ma longue vie, j’y suis allée. Les quartiers dont je parle me sont souvent très familiers. Et puis on a tous été invités un jour ou l’autre dans un quartier qu’on ne connaissait pas. Et là, bam, tu découvres un coin complètement inconnu. Et tous ces lieux s’inscrivent dans ta mémoire. On collectionne ça au fil des années. Même si c’est un peu flou parfois, on se souvient. Pour mes romans, je construis toujours un plan précis, j’ai besoin de savoir où je vais. Dans un polar, si tu ne sais pas à l’avance où tu vas, tu ne peux pas semer les indices au bon moment. Ensuite, je pars sur le terrain. J’adore marcher dans Genève. Tout simplement. Je fais des kilomètres, juste comme ça. Marcher, regarder, écouter. Je m’assieds quelque part, je prends un cappuccino, j’observe. Quand je suis seule, je suis une éponge, je capte tout. C’est comme ça que les histoires naissent.
Comment sont nés tes deux personnages principaux, le commissaire Norbert Simon et la journaliste Alix Beauchamps ?
J’ai prêté à Alix ma propre carrière, donc ce n’est pas moi, mais disons que c’était pratique, je connaissais le métier par cœur. Quant à Norbert, je suis restée dans une logique assez classique : je pensais qu’il fallait un flic comme personnage récurrent, une figure à laquelle le lecteur puisse se raccrocher au fil des histoires. Il s’est construit petit à petit. Il a une vie personnelle un peu cabossée, avec son lot de chagrin. Je voulais un homme droit, sensible, mais un peu malheureux. Mais pour moi, les personnages restent avant tout des « outils ». Dans mes romans, chaque personnage est là pour me permettre de dire quelque chose sur un endroit. Chez moi, le lieu n’est pas juste un décor : c’est le cœur du récit. C’est ça, je crois, ma particularité. Les personnages sont au service des lieux — et non l’inverse.

Hôtel de police
Adresse : Bd Carl-Vogt 17, 1205 Genève

Vieille-Ville
La Vieille-Ville de Genève sert de cadre aux romans Le Pendu de la Treille et Les Degrés-de-poules, avec notamment la place de Bourg-de-Four et la cathédrale Saint-Pierre.
Adresse : Pl. du Bourg-de-Four, 1204 Genève, Suisse

Passage des Degrés-de-poules
Corinne Jaquet : « Les Degrés-de-poules qui mènent à la cathédrale sont visités chaque année par des centaines de touristes. Sombres et abruptes, ils ont une histoire incroyable ! »
Dans Les Degrés-de-poules, c’est une scène de crime.
Extrait : « Leurs regards se croisèrent, et ils se penchèrent en même temps. Le troisième homme était bien là, mais il ne risquait pas de leur faire beaucoup de mal. Assis par terre, appuyé contre l’ancienne porte grise, recouverte de graffitis, il avait les yeux grands ouverts et sa langue pendait hors de sa bouche. Les deux avocats qu’on disait aguerris furent pris d’un frisson simultané. Qu’ils le veuillent ou non, ils venaient de s’étaler sur un cadavre ! »
Adresse : Passage des Degrés-de-poules 12, 1204 Genève

Café Papon
Le Café Papon (ou à proximité, la Brasserie de l’Hôtel-de-Ville) servent de quartier général au duo Norbert et Alix.
Extrait : « Au Café Papon, la serveuse reconnaissait maintenant le commissaire Simon qui était venu plus souvent en une semaine que depuis l’ouverture de l’établissement. Elle comprit qu’il lui fallait un coin calme et les installa, Alix et lui, à la grande table du fond souvent réservée aux conférences de presse ou aux rencontres politiques. L’endroit, juste sous un escalier, était séparé du restaurant par une légère paroi en bois. » (Le Pendu de la Treille)
Adresse : Rue Henri-Fazy 1, 1204 Genève

Promenade de la Treille
Corinne Jaquet : « La Treille qui possède le banc d’un seul tenant le plus long du monde est un lieu essentiel à la vie citoyenne : on y tire au canon le 31 décembre pour célébrer la Restauration de la République, on s’y échauffe pour la Course de l’Escalade… »
Dans Le Pendu de la Treille, un homme est retrouvé pendu.
Extrait : « Pas de doute! C’était bien Georges Bertin qui se balançait là, sous le marronnier officiel de la Treille. »
Adresse : Rampe de la Treille, 1204 Genève

Parc des Bastions
Le Parc des Bastions et le Mur des Réformateurs sont mentionnés dans Le Pendu de la Treille.
Extrait : « Au fond du Parc des Bastions se dresse le Monument de la Réformation, devant lequel on passe pour rejoindre la Vieille-Ville. La rampe d’accès à la rue de la Croix-Rouge est un peu raide. Bertin la gravit à pas lents. Les images du passé continuaient à affluer. Ne dit-on pas que c’est toujours comme ça avant de mourir ? »
Adresse : Promenade des Bastions 1, 1204 Genève

Palais de justice
Le Palais de justice sert de cadre institutionnel à de nombreuses enquêtes, via la police, les avocats ou les juges.
Adresse : Place du Bourg-de-Four 1, 1204 Genève

Bains des Pâquis
Dans Bain fatal aux Pâquis, une femme y est retrouvée noyée.
Extrait : « Calame, Mallaury et Simon eurent en effet un geste de recul en découvrant le cadavre de Fiona: des yeux exorbités regardaient vers le ciel, la bouche formait un «o» désespéré, un bras flottait à l’équerre tandis que l’autre main avait atteint la surface. Autour du front, une auréole de petits cheveux gris-blanc s’étalait en étoile. La peau était livide. »
Adresse : Quai du Mont-Blanc 30, 1201 Genève

Jardin anglais
Dans Les Larmes de Saint-Gervais, le Jardin anglais est une scène de crime.
Extrait : « Quand on retrouva le cadavre d’Édouard Millet, plusieurs semaines plus tard, il était en état de décomposition avancée, sous un bosquet du Jardin anglais. »
Adresse : Quai du Général-Guisan 34, 1204 Genève

Quartier des Grottes
Corinne Jaquet : « Les immeubles des Stroumpfs, aux Grottes, ont marqué l’histoire de l’architecture. J’en parle dans le Casting aux Grottes. Ils offrent le début d’une balade touristique formidable dans cet ancien quartier. »
Adresse : Rue Louis-Favre 25, 1201 Genève











