Marc Voltenauer

Gryon

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… et encore quelques suggestions

Depuis le hameau de Solalex, suivez le sentier qui remonte le vallon jusqu’au vaste plateau d’Anzeinde. À l’arrivée, installez-vous dans l’un des refuges d’alpage pour une fondue au fromage. Les plus aventureux peuvent prolonger en boucle autour du massif de l’Argentine par un joli sentier ; on y croise souvent des marmottes… et parfois quelques bouquetins.

Biographie

Marc Voltenauer, né à Genève en 1973, a d’abord étudié la théologie puis travaillé dans le secteur bancaire et pharmaceutique. En 2015 paraît Le Dragon du Muveran, le premier roman de la série avec l’inspecteur Andreas Auer. Il écrit également des livres jeunesse dans la collection Frissons suisses, ainsi que les guides 111 Lieux des Alpes vaudoises à ne pas manquer et 22 Itinéraires autour du polars en Europe.

Bibliographie sélective

Série Andreas Auer

  1. Le Dragon du Muveran, Plaisir de Lire (2015)
  2. Qui a tué Heidi ?, Slatkine & Compagnie (2017)
  3. L’Aigle de sang, Slatkine & Compagnie (2019)
  4. Les Protégés de Sainte Kinga, Slatkine & Compagnie (2020)
  5. Cendres ardentes, Slatkine & Compagnie (2023)
  6. Fatal abîme, Istya & Compagnie (2024)
  7. Ultimatum, co-écrit avec Nicolas Feuz, Istya & Compagnie (2025)
©François Wavre

Interview

Tes livres se déroulent dans la région de Gryon. Pourquoi as-tu choisi ce village ?

C’est mon compagnon Benjamin qui a grandi à Gryon. Je connais ce village depuis que nous nous sommes rencontrés, il y a une vingtaine d’années. En 2011, nous avons entrepris un long voyage autour du monde. J’étais déjà un grand lecteur de polars, et pendant cette période, j’ai lu encore davantage. J’ai commencé à m’intéresser à la manière dont ces histoires étaient construites : créer une intrigue, maintenir le suspense, capter l’attention du lecteur. Je n’avais pas encore le projet d’écrire un roman, mais cette idée a fait son chemin sans que je m’en rende compte. À notre retour, nous avons passé quelques mois chez les parents de Benjamin, à Gryon. C’est là que l’idée m’est venue naturellement : ce lieu était le décor idéal pour un polar. La beauté pittoresque du village, l’atmosphère chaleureuse des chalets, les hivers rudes, le relief impressionnant des montagnes… tout cela offrait un contraste parfait pour accueillir un meurtre. Un petit paradis alpin devenu théâtre de crimes.

La beauté pittoresque du village, l’atmosphère chaleureuse des chalets, les hivers rudes, le relief impressionnant des montagnes… tout cela offrait un contraste parfait pour accueillir un meurtre.

Comment es-tu venu à l’écriture de romans policiers ?

Un jour, tout simplement, je me suis mis à écrire. Avec le recul, je dirais que ce fut un mélange spontané d’envie, de lectures nombreuses et d’une curiosité de plus en plus vive pour les mécanismes du récit. Jusqu’alors, je n’avais écrit que des cartes postales et des discours professionnels. Jamais de fiction. Et je ne pensais pas en être capable. Juste avant Noël 2012, je me suis réveillé en pleine nuit, je suis allé me faire un café et j’ai griffonné les grandes lignes de ce qui allait devenir Le Dragon du Muveran. La nuit suivante, même scénario. Je découvrais avec surprise combien mon imagination bouillonnait. Très vite, je me suis retrouvé devant mon ordinateur, une page blanche, un titre… et l’urgence de me lancer. En quelques heures, j’avais rédigé un prologue et brossé les portraits des personnages principaux.

As-tu été influencé par un ou une auteur(e) en particulier ?

Oui, je suis un véritable passionné de polars nordiques, notamment suédois. Ce qui me plaît dans ces romans, au-delà de l’intrigue, c’est l’ambiance, le cadre. Que ce soit Ystad et ses maisons à colombages chez Mankell, les îles de Fjällbacka avec Camilla Läckberg, Gotland et ses raukars chez Mari Jungstedt, ou encore Kiruna et ses soleils de minuit chez Åsa Larsson — ces lieux deviennent des personnages à part entière. Le polar nordique se distingue par sa lenteur apparente. Il se déroule souvent loin des grandes villes, dans des coins reculés, où les coups de feu sont rares et les policiers parfois désarmés. Le rythme n’est pas frénétique ; il laisse le temps au lecteur de s’imprégner du décor, d’apprivoiser les personnages et de réfléchir. Cela dit, j’aime aussi les héros urbains du nord, comme Harry Hole à Oslo (Jo Nesbø), Michael Blomqvist à Stockholm (Stieg Larsson), ou Joona Linna et Sebastian Bergman (Lars Kepler). Leurs enquêtes haletantes explorent les zones d’ombre de la société moderne scandinave.

Je voulais un inspecteur qui sorte des sentiers battus. Un personnage gay, parce que je le suis aussi, et que cela m’importait de représenter cette réalité dans le monde du polar.

Comment as-tu imaginé ton personnage principal, Andreas Auer ?

Quand j’ai commencé Le Dragon du Muveran, j’avais le lieu et l’intrigue, mais pas encore le héros. J’ai alors pensé aux flics des romans que j’aimais lire : un Harry Hole tourmenté ? Un Wallander mélancolique ? Un Knutas posé et familial ? Je voulais autre chose ! Quelqu’un de plus atypique. C’est ainsi qu’est né Andreas Auer. Andreas est un épicurien, bien dans sa peau… enfin, en apparence. Il est homosexuel, en couple avec Mikaël, et assume pleinement son identité. Il a quitté la ville pour vivre dans un village de montagne. Il aime la psychologie, la théologie, la gastronomie, les cigares et le whisky. Mais sa passion principale reste l’étude du comportement des tueurs en série. Il veut comprendre ce qui pousse un être humain à commettre l’irréparable. Ce qui le fascine, c’est l’ombre – celle des criminels, et peut-être aussi la sienne. Il s’engage corps et âme dans ses enquêtes, parfois jusqu’à l’obsession. Sa vision du monde n’est pas binaire : il ne croit ni au noir ni au blanc, seulement à une infinité de nuances de gris. Mais à l’approche de la quarantaine, des questionnements profonds refont surface. Je voulais un inspecteur qui sorte des sentiers battus. Un personnage gay, parce que je le suis aussi, et que cela m’importait de représenter cette réalité dans le monde du polar. Andreas est complexe, contrasté. Un homme qui ne rentre dans aucune case. Et c’est ce qui le rend, je crois, profondément humain.

Le Temple de Gryon

Dans Le Dragon du Muveran, le corps d’une victime est retrouvé dans le Temple situé au Fond-de-Ville.

Extrait : « Sur la table de communion, un cadavre était allongé, nu. Les bras étendus étaient perpendiculaires au corps. Les jambes, attachées ensemble à l’aide d’une corde. C’était l’image du Christ crucifié. »

Adresse : Le Vieux Chemin, 1882 Gryon

Le Café Pomme et la laiterie

Le Café Pomme est un lieu fréquenté par Andreas Auer, mais aussi par le tueur dans Le Dragon du Muveran, qui a grandi au-dessus de la laiterie.

Extrait: « L’homme qui n’était pas un meurtrier était assis au Café Pomme, comme tous les matins. Il aimait cet endroit. Le cadre était frais et agréable. Des tables et des chaises en bois naturel. Beaucoup de vert pour rappeler la couleur de la pomme. »

Adresse : Rte du Village 9, 1882 Gryon

Le Buffet de la gare

Le Buffet de la gare est un lieu que Andreas Auer fréquente régulièrement dans Le Dragon du Muveran.

Extrait : « Le dimanche précédent, Andreas et Mikaël y avaient mangé une fondue, au soleil avec des amis de Lausanne. De là, la vue sur le Grand Muveran était saisissante. »

Adresse : Av. de la Gare 17, 1882 Gryon

Boulangerie Charlet-Ançay

La boulangerie Charlet-Ançay est un lieu récurrent dans les romans policiers de Marc, mais on y retrouve aussi dans Qui a tué Heidi ? un tueur à gages russes.

Extrait : « À son arrivée à Gryon, le samedi précédent, Litso Ice était allé boire un café à la Boulangerie Charlet pour s’imprégner de l’atmosphère du village en attendant de recevoir des instructions. Il en avait profité pour déguster quelques exquis pralinés au caramel relevés d’une pointe de sel. »

Adresse : Pl. de Barboleuse 10, 1882 Gryon

Taveyanne

Dans Le Dragon du Muveran, l’un des chalets de Taveyanne est le lieu d’un meurtre sordide qui vient assombrir l’image de carte postale des lieux.

Extrait : « Taveyanne était un havre de paix, entouré de majestueux rochers. Mais c’était aussi un lieu fort fréquenté les dimanches. Une vingtaine de chalets étaient serrés les uns à côté des autres. Les prairies aux couleurs verdoyantes en faisaient un endroit enchanteur. »

Adresse : Taveyanne, 1882 Gryon

Solalex

Dans Qui a tué Heidi ?, Andreas et son compagnon Mikaël font une randonnée en raquettes jusqu’à Solalex.

Extrait : « Arrivés à Solalex, Mikaël et Andreas s’assirent à la terrasse du refuge, au pied des diablerets et du miroir d’Argentine, une falaise calcaire lisse que prisaient les amateurs de varappe et que l’on contemplait sans se lasser. Le serveur leur apporta deux Cafés Solalex, une variation gourmande du petit noir, avec une dose indécente de crème, allongée généreusement à l’abricotine. »

Adresse : Solalex, 1882 Gryon

Mines de sel de Bex

Dans Les Protégées de Sainte Kinga, une prise d’otage a lieu dans les Mines de sel et la police aura fort à faire avec un criminel déguisé en Charlot.

Extrait : « De la zone touristique, on peut rejoindre la partie en exploitation, où se trouvent plusieurs boyaux et plusieurs salles. Entre le secteur des visites et le fond, il y a encore plus d’un kilomètre de distance. Puis il y a les anciennes mines, celle du Coulat et du Fondement où une multitude de galeries, à différents niveaux, communiquent entre elles par des escaliers, des rampes, des puits. Ce sont principalement des boyaux très étroits. »

Adresse : Rte des Mines de Sel 55, 1880 Bex

Sanatorium des Chamois

Dans Fatal abîme, le corps d’une victime est retrouvé dans les ruines du sanatorium.

Extrait : « Karine marqua une pause et regarda attentivement le corps inerte. Il était assis sur une chaise au milieu de la pièce. Sa tête encagoulée inclinée vers l’avant empêchait de bien voir la plaie béante au niveau du cou. Elle visualisa le moment où la victime s’était fait trancher la gorge, envisageant la terrible, mais courte agonie. »

Adresse : Les Chamois, 1854 Leysin

Vuargny

Dans Fatal abîme, le corps d’une avocate lausannoise est retrouvé dans les vestiges de l’usine hydroélectrique de Vuargny.

Extrait : « Le corps de Martine Brodard, les bras noués dans le dos, était suspendu par les pieds à une sorte de linteau de pierre sur une des façades non effondrées. Sous le cadavre, la neige était teintée de rouge. »

Adresse : 1860 Aigle

Forteresse de Dailly

La forteresse de Dailly est le lieu de la scène finale d’Ultimatum dans laquelle l’inspecteur Andreas Auer et le procureur Norbert Jemsen sont confrontés à un groupe de mercenaires.

Extrait : « Situé dans les Alpes vaudoises, le fort de Dailly dominait l’accès stratégique entre le Valais et le Chablais. Ce n’était pas une forteresse comme les autres. Elle était invisible, parce qu’entièrement souterraine. Bon nombre de Suisses, pas forcément au fait de l’Histoire ni intéressés par les activités militaires du pays, ignoraient jusqu’à son existence. »

Adresse : Morcles, 1892 Lavey-Morcles

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